Pourquoi a-t-on besoin de combat ?

combat taekwondo

On vit dans un monde où les repères sont flous. J’ai parfois l’impression que rien n’a de sens dans ma journée d’étudiant. Mais je ne l’ai réalisé qu’après avoir rejoint un club de Taekwondo qui prépare au combat en compétition. On dit souvent que la vie est un combat. Alors comment peut-on vivre si l’on ne s’est jamais battu ?

On prend du recul quand on combat

Quand on me demande ce que je fais dans la vie, je répond que je suis étudiant. Et pourquoi je fais cela ? La réponse la plus honnête que je puisse donner est que réussir ces études me permettraient d’accéder à un statut social confortable et avantageux. Bien que les sciences étaient ce que j’aimais le plus à l’école, s’il n’y avait aucune pression pour me faire travailler, je n’étudierais pas. Et c’est pareil pour tout le monde.

Je pense qu’il n’y a pas de mal à quand même le faire, seulement, il ne faut pas se mentir à soi-même. Se forcer à faire quelque chose peut être bon mais ça ne mène nulle part, et penser le contraire c’est entrer dans la confusion, et finir dans les problèmes psychologiques.

Comment tu peux te connaître si tu t’es jamais battu ?

Tyler Durden, Fight Club (1999)

Combat et agressivité

jean claude van damme bloodsport

Quand j’étais en CE2 et que je faisais du karaté, j’étais allé frapper un de mes amis dans la cour de récréation car il était dans mon club. Je trouvais cela légitime, on était en train de «faire du karaté ensemble», ni plus ni moins, à mes yeux. Mais mon père et celui de mon ami n’ont pas vu les choses de cette façon…

Tout ça pour en venir au fait que l’agressivité est très incompatible avec la vie en société ou à beaucoup dans un petit espace. Donc soit on la refoule (sans la contrôler), soit on finit derrière les barreaux. De nos jours, on croirait presque que c’est un défaut.

Or, les hommes trop peu agressifs sont ceux qui se font marcher dessus. Notre agressivité est notre meilleure arme pour négocier les rapports de force omniprésents dans la vie. Elle n’est pas arrivée en nous par magie et le combat est la meilleure façon d’apprendre à la contrôler. Pourtant, l’agressivité intervient quand je perd le contrôle. C’est elle qui est capable de mobiliser chaque molécule de mon corps lorsque je fond jambe en l’air sur mon adversaire dans une explosion grisante d’adrénaline.

C’est toute la beauté de l’agressivité qui peut s’exprimer. Elle nous permet d’arrêter de réfléchir pour faire ce qu’il faut. L’agressivité négative est celle du gars qui lance des menaces car son agressivité refoulée ne s’exprime pas mais fait des remous au fond de lui. En pratiquant un sport de combat, on apprend à céder pleinement à l’agressivité quand le moment est le plus opportun. Ce qui est le plus haut degré de contrôle selon moi car on ne séquestre pas l’agressivité en nous et elle ne nuit à personne.

Évacuer son agressivité est également nécessaire pour pouvoir être pleinement dans l’amour. C’est ce qui permet de créer une réelle fraternité au sein des club d’arts martiaux : après s’être agressé pendant quelques minutes, les ondes négatives ont toutes été évacuées et l’amour est tout ce qu’il reste en nous. C’est le syndrome Jackie Chan qui, après avoir créé des scènes aussi bouillantes, peut probablement rester calme et souriant tout le restant de ses jours.

Une telle pulsion est le seul moyen que j’ai de me vider l’esprit réellement. Plus que lorsque je médite. La méditation me fait du bien mais je pense que mon esprit subit trop de stimulation au quotidien pour pouvoir être pleinement sensible à la méditation.

Se faire défoncer

Commencer un sport de combat en voulant avoir le palmarès de Floyd Mayweather, Jr. est une mauvaise idée, et je ne dis même pas cela pour faire une leçon d’humilité. Il y juste beaucoup trop à gagner dans une défaite écrasante.

It’s only after we’ve lost everything that we’re free to do anything.

Tyler Durden, Fight Club (1999)

Lis bien cette citation, elle résume pour moi les pulsions autodestructrices que l’on a en nous et qui se manifestent de différentes façons : bombarder sur l’autoroute, se mettre des mines, se droguer, etc. Se faire rétamer bien comme il faut en combat est une manière sportive donc non dangereuse pour la santé (à condition de ne pas se blesser :x) de se libérer de notre ego et des attentes écrasantes que nous et avons envers nous-même.

C’est là le meilleur moyen à notre disposition pour comprendre que l’on n’est que «la merde de ce monde prête à servir à tout» et qu’il faut lâcher prise. En ayant été humilié au plus haut point, on s’affranchit du regard des autres et de la pression sociale, on vit réellement l’espace de quelques instants.

Il y a un adage qui dit qu’on fait toujours du mal à ceux qu’on aime : mais il oublie de dire qu’on aime ceux qui nous font du mal

Edward Norton, Fight Club (1999)

Combat et travail

jean claude van damme sac de sable

Bien se battre c’est bien travailler car on met la flemme au tapis comme on met un adversaire au tapis. Dans les clubs de boxe (et de taekwondo), on parle parfois de “travailler” son adversaire, ce qui revient à lui infliger autant de coups que l’on peut.
L’agressivité saine que permet de développer les sports de combat aide à travailler son adversaire mais aussi travailler tout court plus énergiquement.

C’est un texte que j’avais écrit en brouillon de cet article. Car je suis convaincu que tout ce qu’on apprend en combattant se retrouve dans tous les domaines de la vie. Cependant, je suis, au moment où j’écrit cet article, un incalculable débutant en combat. J’en ressens déjà les effets mais je ressens aussi que je ne suis qu’à l’aube de mon périple. Je garde donc pour plus tard l’aspect transversal des sport de combat.

Par où commencer ?

Ayant été profondément marqué par des films d’action aux coup de pieds spectaculaires et par le grand écart de notre chevaucheur de camions belge, j’ai choisi de faire du Taekwondo pour combattre tout en développant l’habileté de mes jambes.

Mais si vous venez de lire cet article et que vous n’avez pas la même sensibilité que moi pour les combats chorégraphiés, je vous recommande la boxe anglaise. C’est le sport de combat le plus «simple et efficace» pour moi. Infliger de la souffrance pure à son adversaire avec des patates de forain. C’est un sport complet où l’on travaille l’ensemble de son corps et donc la brutalité extrême permet d’exacerber tout ce dont j’ai parlé dans cet article.

시작 !

3 comments on “Pourquoi a-t-on besoin de combat ?

  1. Bravo Lucas très heureux de découvrir que tu t’es lance dans l’écriture d’articles qui te tiennent à cœur ! Je t’encourage tellement
    Merci pour ce partage en tout cas j’ai adoré la citation de l’anglais ça me parle ^^

    1. Alors ça pour une surprise !! Ton com me fait super plaisir Benjamin 😀
      Je suis hyper heureux d’apprendre que ça t’a plu ! Continue le bon travail toi aussi “cavalier libre” wow 😮

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